Entretien avec Le Petit Journal, Monterrey,
8 mai 2008
Dans le cadre de sa visite au consulat honoraire
de France à Monterrey, Marie Hélène Pontvianne,
Conseillère élue à l’Assemblée
des Français de l’Etranger (AFE) pour le Mexique,
l’Amérique centrale et Panama a répondu à nos
questions. Entretien
Marie-Hélène, quels sont les sujets sur lesquels
vous travaillez actuellement au Mexique, vos centres d'intérêt
?

Marie
Hélène Pontvianne, Conseillère élue à l’AFE
(photo LPJ)
MHP - Les conseillers élus ont pour vocation première
de représenter les Français de l'étranger.
Pour ma part, je m’intéresse particulièrement à tout
ce qui touche à la scolarisation des enfants français
(je suis administratrice du lycée franco-mexicain de Mexico),
et aux relations économiques France-Mexique ( cf
prix Jacques Pontvianne).
Quels sont Les principaux problèmes rencontrés, les
attentes actuelles des français du Mexique.
MHP - Outre les questions relatives à l’assurance
maladie, les sujets les plus récurrents concernent la retraite,
la fiscalité, la recherche de stages pour les jeunes ainsi
que la scolarité des enfants en province où il n’existe
pas d’école française (Monterrey, Cancun, Puebla,
Léon, Querétaro).
Quelle est votre opinion sur le dynamisme associatif régional
au Mexique (que retenez vous de votre séjour à Monterrey
par exemple)
MHP - Si les associations sont nombreuses et souvent dynamiques à Mexico,
ce n’est pas du tout le cas en province, à quelques
exceptions près : à Chihuahua où Paul Henric
a créé l’association des descendants français
de Chihuahua, à Cancun et Monterrey où ont été créées
des associations pour rassembler les parents d’enfants français
ou francophones. Partout ailleurs c’est un peu le désert à ce
point de vue et je souhaite vivement que des antennes de l’UFE
se créent pour animer la communauté française.
A Monterrey l’association créée il y a quelques
années pour la mise en place du programme FLAM (Français
langue maternelle pour les enfants non scolarisés en école
française) est très dynamique et contribue à l’animation
de la communauté. J’ai eu plaisir à les rencontrer
lors de ma visite.
Les réseaux consulaires ont pour objectif principal de
permettre aux Français d’être en contact permanent
avec les institutions françaises. Qu’en est-il de
leur rôle dans le développement associatif ?
MHP - Le rôle des consuls honoraires est primordial dans
cette animation : la plupart du temps se sont eux qui canalisent
les efforts ou les bonnes volontés et aident, par leur
autorité, à mettre en place les programmes. Personnellement
je m’attache dans le cadre de mon mandat à voir
reconnu et valorisé par les plus hautes autorités
de l’Etat ce rôle primordial des consuls honoraires.
Maintenir cette relative proximité avec les Français
de l’ensemble du Mexique est un atout essentiel pour le
maintien d’une présence et d’une influence
françaises dans ce pays si grand.
L'offre culturelle française au Mexique : Quelles institutions
ou associations se chargent de diffuser la culture française
au Mexique? Quel est le sentiment général des Français
du Mexique sur le sujet?
MHP - L’animation culturelle française passe essentiellement
par les Alliances françaises, bien implantées dans
tout le pays, et par l’IFAL et Casa de Francia à Mexico.
Mais je crois que les Français ont le sentiment que cette
offre culturelle s’adresse plus aux Mexicains qu’à eux
: les Français qui ont quitté la France depuis
longtemps ou ne l’ont connue que par les récits
familiaux, sont déroutés par les tournées,
dites françaises, de groupes de hard rock ou D.J etc qui
pour eux n’incarnent pas du tout l’image de la France
!
Votre avis personnel sur les conditions de vie des Français
au Mexique... ?
MHP - Sur les conditions de vie des Français au Mexique,
aucune généralité ne s’approchera
de la vérité car toutes les situations se rencontrent,
depuis ceux qui connaissent la misère à ceux qui
jouissent d’une grande fortune ; les détachés
pour quelques années, ceux qui venus pour 2-3 ans et sont
finalement restés et tous ceux qui y sont nés ou
s’y sont mariés.
Qu’on habite la province ou la capitale, qu’on soit
détaché pour quelques années ou résident
depuis toujours, on est toujours français mais les attentes
ne sont pas les mêmes : c’est ce qui fait toute la
difficulté mais aussi toute la richesse de ce mandat d’élue à l’Assemblée
des Français de l’étranger. La généralisation
de la communication par Internet a changé les conditions
d’exercice de cette charge élective, rendant plus
présents les Français éloignés géographiquement,
qu’ils habitent le Sonora ou Panama, puisque la circonscription
couvre toute l’Amérique centrale. Grâce à internet
une réponse peut être apportée très
rapidement et le lien peut être gardé, entre deux
visites… mais il ne faut pas oublier non plus ceux qui
n’ont pas encore découvert les joies du réseau
web !
Propos recueillis par la rédaction du Petit journal Mexique
(www.lepetitjournal.com - Mexique) jeudi 8 mai 2008